Logo CNSF - Collène National des Sages-femmes de France
Madame la Ministre,

Nous avons lu avec intérêt vos déclarations ce 31 mars 2019 à propos du pack de services 'Engagement maternité' garanti pour chaque femme dont le domicile se trouve à plus de 30 minutes d'une maternité .

Vous reconnaissez la place essentielle des sages-femmes et souhaitez leur donner « un rôle de premier plan dans la prise en charge dans l’accompagnement des femmes enceintes qui vivent loin d’une maternité ». Nous ne pouvons que nous en réjouir.

Cependant, nous sommes surpris de ces annonces sans concertation avec les usagers et les représentants de la profession.

Les sages-femmes défendent un accès de tous les citoyens à la santé. Les sages-femmes sont, par leur présence en première ligne dans les déserts médicaux, parmi d’autres professionnels de santé, mobilisé.e.s contre les disparités territoriales. Leurs organisations syndicales ont d’ailleurs signé les accords de zonage.

Le CNSF demande à participer à l’élaboration des différentes propositions répondant au mieux aux attentes des femmes et des usagers dans le domaine de l’accès aux soins obstétricaux.

Profession médicale, les sages-femmes réalisent 87% des accouchements non instrumentaux, mais aussi le suivi gynécologique, les échographies de dépistage, l’examen du nouveau-né.

Toute complication ou dépistage de pathologie nous amène à travailler en collaboration avec les différents spécialistes de la périnatalité : obstétriciens, pédiatres, anesthésistes en établissements de santé et en réseaux de périnatalité.
Pour correspondre au mieux aux attentes des patientes, les professionnels de la périnatalité doivent travailler ensemble à la sécurisation des transports entre domicile et maternités. Mais aussi, pour répondre à la demande des usagers, nous devons adapter nos pratiques avec la promotion de l’accompagnement global et de l’accouchement en ambulatoire.

Ce type d’exercice qui demande une disponibilité 24h/24 durant le dernier mois de grossesse est mal rémunéré à l’heure actuelle. Les hôtels parentaux, où seraient hébergées les patientes dans les derniers jours sont une part de la solution mais loin de la réalité de l’accouchement spontané, ces hôtels ne répondent pas à toutes les situations.

A l’heure où le respect des choix et de la physiologie gagnent du terrain dans la plupart des établissements, la programmation des naissances du fait de l’éloignement domicile/maternité reviendrait à des déclenchements systématiques sans indication médicale.

Nous rappelons par ailleurs les recommandations de la Haute Autorité de santé qui préconisent « une sage-femme par patiente ».

En effet, il est recommandé que toutes les femmes puissent bénéficier d’un soutien continu, individuel et personnalisé, adapté selon leur demande au cours du travail et de l’accouchement. Cette organisation est celle qui prévaut dans certains pays qui ont d’excellents indicateurs de morbi-mortalité comme en Suède.

Nous sollicitons au plus vite une entrevue avec vous, Madame la Ministre et les usagers et acteurs de la périnatalité afin de réfléchir tous ensemble à la problématique des soins obstétricaux sur le territoire.


Sans titre 2
Adrien GANTOIS, Président du CNSF
Sylvie LE ROUX, Présidente de l'ANSFC
Julie KERBART, Présidente de l'ANESF
Camille DUMORTIER, Pésidente de l'ONSSF
Isabelle FOURNIER, Présidente de l'ANSFL